Le système juridique islamique est-il discriminatoire à l’égard des femmes ?

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Il est vrai que le système juridique islamique présente quelques différences sur certaines lois entre les hommes et les femmes, mais contrairement aux préjugés véhiculés dans le monde aujourd’hui, les différences prônées par l’Islam ne sont nullement de nature discriminatoire.

Elle sont au contraire motivées par un certain nombre de facteurs: certaines fois, c’est le souci d’une plus grande justice sociale et d’une meilleure répartition des gains et charges de nature financière qui sont à l’origine des différences de traitement, d’autres fois, il peut s’agir d’autres raisons. Ainsi, la question de la double part d’héritage accordée aux hommes dans certains cas précis, pourrait paraître injuste à première vue. Cependant, on ne peut se faire une idée de l’esprit qui anime la loi islamique sans étudier dans son ensemble le système législatif. Une analyse qui ne prend en compte que quelques éléments d’une loi, en les retirant de leurs contextes d’application est une analyse qui est intellectuellement erronée. Ce genre de démarche ne peut venir d’un esprit objectif recherchant la vérité. Malheureusement, ce genre de procédé est devenue monnaie courante, aussi bien chez de nombreux « penseurs » critiques de l’Islam, que dans les médias.

On s’empresse de montrer du doigt telle ou telle règle islamique « discriminant » la femme, en prenant soin de ne pas aller au fond des choses pour chercher si ce « manquement » apparent n’est pas compensé par d’autres règles juridiques, et on s’émeut de l’intolérance de l’Islam et de son mépris pour la condition féminine. Que de belles larmes … de crocodile! Pour en revenir à la question de l’héritage, il faut savoir que dans le système économique islamique, la femme, est à tout moment de sa vie, sous la responsabilité financière d’un homme. Avant son mariage, son père est dans l’obligation de subvenir à tous ses besoins.

A partir du moment où elle se marie, elle passe sous la charge financière de son mari, qui a le devoir à son tour devant Dieu de subvenir à tous ses besoins; les ouvrages de jurisprudence islamique mentionnent clairement, qu’en plus du droit à la nourriture, aux vêtements et à l’habitat, la femme a aussi d’autres droits sur son mari devant Dieu. Si après s’être mariée, une femme perd son mari à la suite d’un divorce ou de la mort de ce dernier, elle revient sous la responsabilité financière de son père ou de ses frères. Il est donc clair que la femme, d’après la loi islamique, ne se retrouve à aucun moment sans aucun soutien financier. La femme de son côté n’a aucun devoir financier envers son époux. Elle peut disposer entièrement et librement de l’argent qu’elle possède. A partir de là, on peut comprendre que la double part qui revient à l’homme de l’héritage ne représente en aucun cas une inégalité et une injustice par rapport à ce que reçoit la femme.

A vrai dire, les deux parts de l’hommes sont relativementidentiques à la part unique de la femme, en ce sens, que l’homme est lié financièrement à ceux qui sont sous sa charge, et il se retrouve ainsi avec beaucoup plus de devoirs financiers que la femme, qui elle, ne doit rien à personne en ce qui concerne ses richesses personnelles. En d’autres mots l’homme ne dispose pas de l’intégralité de ce qu’il reçoit, alors que la femme, si. Maintenant, si dans une société (comme c’est le cas dans de nombreuses sociétés actuelles) la femme musulmane ne bénéficie pas de ses soutiens financiers et qu’elle se retrouve démunie (dans le cas par exemple où ses proches ne s’occuperaient pas d’elle), c’est aux membres de cette société de compenser par d’autres moyens le manque que doit subir la femme, sans pour autant altérer la loi révélée, qui a été déterminé pour l’ensemble des hommes et des femmes, et non pour des cas particuliers.

La différence de montant de la « Diyah » entre l’homme et la femme est aussi un aspect de la loi islamique qui fait l’objet de nombreuses critiques. La « Diyah » est le « prix du sang » dont un meurtrier doit s’acquitter dans certains cas, lorsque la « loi du talion » n’est pas appliquée. La « diyah » doit être remise aux héritiers de la personne assassinée. Si la victime est un homme, le montant de la « diyah » est de cent chameaux, alors que s’il s’agit d’une femme, son montant est de cinquante chameaux. Là encore, cette loi pourrait, à première vue, paraître discriminatoire…

Mais, encore une fois, on ne peut faire l’économie de replacer cette règle dans un contexte plus vaste. Il est clair que le « prix du sang » ne représente en aucun cas le prix d’une vie humaine, tout simplement parce qu’une vie est inestimable. Le montant qui a été fixé et qui doit être acquitté n’est donc qu’une compensation financière destinée à aider les héritiers de la personne assassinée. Comme nous l’avions rappelé précédemment, l’homme possède des devoirs financiers dans l’Islam beaucoup plus importants que ceux de la femme, ce qui fait que son « poids financier » est proportionnellement important pour ses héritiers.

La disparition d’un homme aura donc, généralement, des conséquences économiques beaucoup plus lourdes. C’est la raison pour laquelle le montant qui doit être versé en indemnité aux héritiers de la victime à la suite d’un homicide est de moitié si celle-ci est une femme. Encore une fois, il ne faut pas omettre que les règles islamiques ont été élaboré en fonction d’une situation collective et générale. S’il arrive que dans une société, la disparition d’une femme entraîne de lourdes conséquences financières pour ses héritiers, alors les responsables de cette société devront adopter des mesures d’aide supplémentaires pour eux.

Wa Allâhou A’lam !

Et Allah est Plus Savant !