La masturbation (2)

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Question : Quelle est la position de l’Islam sur la masturbation génitale ?


Réponse:
En Islam, le corps humain , ainsi que toutes les facultés qui ont été données à l’homme sont considérés comme des dépôts de la part de Dieu. Quiconque utilise un organe de son corps ou une de ses facultés d’une façon ne respectant pas le cadre défini et voulu par Allah se montre ainsi coupable de trahison par rapport au dépôt qui lui a été confié.

A partir de là, il faut savoir qu’en ce qui concerne la sexualité, l’Islam a énoncé une orientation essentielle pour l’homme et la femme dans la façon de satisfaire ce besoin naturel: L’expression de l’instinct sexuel ne doit ainsi être vécu que dans le cadre du mariage, et ce, afin de contribuer à la réalisation d’un objectif très important, à savoir celui de perpétuer l’espèce humaine.

Toute expression de la sexualité qui ne suivrait pas cette orientation est donc condamnée en Islam: C’est pour cette raison que des actes comme le Zinâ (fornication) sont strictement interdits… C’est aussi pour cette raison que la masturbation est considérée par la quasi-totalité des savants musulmans comme n’étant pas permis, comme l’indique clairement la synthèse présentée ci-dessous des opinions des différentes écoles juridiques sur la question. Ces avis émis sur la masturbation concernent aussi bien l’homme que la femme. La majorité des savants musulmans considère que, se masturber, c’est « chercher au delà des limites » fixées par la religion. Celui qui s’y adonne est donc un transgresseur, en vertu du passage coranique suivant:

« Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur Salat, qui se détournent des futilités, qui s’acquittent de la Zakat, et qui préservent leurs sexes (de tout rapport), si ce n’est qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer; alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs. « 

(Sourate 23 / Versets 1 à 7)

  • D’après l’école hambalite, la masturbation est tolérée uniquement si elle permet d’éviter l’adultère ou un risque quelconque lié à la santé physique, et ce, pour celui qui n’a pas la capacité de se marier. Donc, si une personne peut se marier, la masturbation ne sera pas permise pour elle. (Références: « Kachâfoul Qina’ » et Ghâyatoul Mountahâ « ).
  • D’après l’école châféite, la masturbation est interdite, au même titre que la sodomie. (Références: « Al Mouhadhab » et « Moughniyl Mouhtâdj »).
  • D’après l’école hanafite, la masturbation est interdite si elle a pour seule objet l’obtention du plaisir. Mais si une personne se trouve submergée par le désir, qu’elle n’arrive plus à contrôler ses pulsions et elle craint de tomber dans le « Zinâ », dans ce cas elle peut avoir recours à la masturbation pour s’apaiser, et ce, suivant le principe juridique bien connue préconisant que, lorsqu’on est confronté à deux maux, on se doit de choisir le moindre d’entre eux (« akhaf oudh dhararaïn » ou « ahwan oul baliyataïn »).
  • Les savants de l’école mâlékite interdisent aussi la masturbation, comme cela est rapporté dans l’ouvrage « Souboulous Salâm » de Amîr As San’âni r.a..

De grands commentateurs du Qour’aane comme Allâmah Qourtoubi r.a., Allâmah Âlousi r.a., Allâma Nasafi r.a., ainsi que d’éminents savants comme Cheikh Ibné Taymiyyah r.a. penchent aussi pour l’interdiction de cet acte.

Face à tous ces avis, il apparaît clairement que la masturbation ne peut être tolérée qu’en dernier recours, quand il y a un fortrisque (réel) de tomber dans un péché plus grand, c’est àdire le « Zinâ » (fornication). Mais avant d’en arriver là, le musulman etla musulmane doivent d’abord essayer d’apaiser leurs pulsions par le biais du jeûne, comme cela a été enseigné par le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhiwa sallam). Il est important de rappeler enfin que, si jamais il arrive à une personne de se masturber, elle doit par la suite implorer le pardon d’Allah.

Wa Allâhou A’lam !

Et Dieu est Plus Savant !