Est-il permis d’avoir recours à la contraception ?

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Question : L’usage de contraceptifs est-il licite pour les jeunes mariés ou pour les couples ayant déjà des enfants ?
Réponse : En Islam, l’un des buts primordiaux du mariage est la perpétuation de l’espèce humaine : le Prophète (sallallahou alayhi wa sallam) a ainsi encouragé de façon très explicite la multiplication des naissances. Cependant, il a aussi autorisé aux croyants de réguler et de planifier les naissances en cas de besoin. Djâbir (radhia Allahou anhou) dit:

« Du temps de l’Envoyé d’Allah (sallallahou alayhi wa sallam), nous pratiquions l’éjaculation externe, alors que le Coran était révélé. »

 (Rapporté par Boukhâri et Mouslim)

L’éjaculation externe (ou a’zl) était à cette époque le seul moyen de contrôler les naissances. Le principe même de la tolérance du recours à des méthodes de contraception temporaire pourrait être déduit à partir de cette permission de l’éjaculation externe. Cependant, comme il existe un certain nombre de Hadiths qui déconseillent cette pratique (comme le Hadith de Aïcha (radhia Allahou anha) rapporté par Mouslim r.a., dans lequel le Prophète (sallallahou alayhi wa sallam) assimile le « a’zl » à une forme dissimulée d’infanticide), c’est pourquoi, de nombreux savants sont d’avis que le recours aux moyens de contraception n’est toléré que sous les conditions suivantes :

1- la méthode de contraception employée doit être réversible et temporaire (exemple : absence de rapports pendant certaines jours déterminés en fonction de la période d’ovulation,  usage de préservatif ou de crème spermicide, usage de moyens empêchant l’ovulation…). Sont interdites les méthodes qui entraînent la stérilisation définitive de l’homme ou de la femme (ligature des trompes…). Des savants condamnent également les moyens de contraception qui n’agissent qu’après la fécondation en empêchant  seulement la nidation  de l’œuf fécondé (comme c’est le cas par exemple pour la « pilule du lendemain »).

2- elle ne doit pas être préjudiciable (c’est à dire qu’elle ne doit pas faire peser un risque important sur la santé).

3- elle doit se faire d’un commun accord entre les époux.

4- elle doit être motivée par un besoin réel (exemples : la grossesse présente un risque avéré pour la santé physique ou mentale de la future mère, la présence d’un risque avéré que le futur enfant soit atteint par une maladie héréditaire dangereuse, la difficulté à assumer des naissances répétées et rapprochées,…).

Wa Allâhou A’lam !

Et Dieu est Plus Savant !